Où s’en va notre électricité?

Avec une puissance installée de 42 100 mégawatts (MW), Hydro-Québec dispose actuellement d’un surplus d’électricité. Avec le projet en cours à la rivière Romaine la société projette d’augmenter cette capacité de 1550 MW par la construction de quatre barrages.

Alors que le discours officiel veut que le Québec va connaître une croissance dans ses demandes d’électricité, la part qu’occuperont les résidences dans cette hausse de la consommation est modeste. Un projet comme la Romaine est plutôt taillé sur mesure pour répondre à la demande anticipée des grandes industries qui se voient  actuellement attribuer 45% de l’électricité vendue dans la province, et qui sont en expansion.

Sous la politique en vigueur, des clients industriels tels que les alumineries et les afineries s’accaparent l’électricité au prix de 4,5 cents le kilowattheure, soit la moitié environ de ce qu’il coûtera à la société d’état de produire et de distribuer cette électricté par de nouveaux projets. En octobre 2011, le premier ministre Jean Charest s’est déplacé à Sept-Îles pour annoncer l’octroi d’un nouveau bloc de 500 MW, correspondant au tiers de toute la production de la Romaine, à l’aluminerie Alouette, pour lui permettre de compléter la phase 3 de son usine.

C’est donc à coup de milliards (8,5$ milliards pour la Romaine) que le contribuable québécois finance des projets destinés à fournir des subventions aux entreprises privées. Ces prix artificiellement bas incitent les compagnies à gaspiller de l’énergie. De plus, l’argent dépensé sur des projets hydoélectriques ne sera plus disponible pour les autres besoins de la province, tel que l’éducation.

Malheureusement tout laisse à croire que cette politique de subventions perdurera tant que la population ne se lèvera pas vigoueusement pour s’y opposer. Dans sa Stratégie Énergétique du Québec 2006-2015  le gouvernement libéral propose de générer 4500 MW, au coût de 25$ milliards, en nouveaux projets hydroélectriques sur la rivière Romaine, mais aussi sur deux autres rivières de la Côte-Nord, la Sainte-Marguerite et la Petit-Mécatina. Et c’est sans parler du Plan Nord (annoncé mai 2011) qui projette, lui,  de générer 3000 MW supplémentaires sur des rivières non précisées encore.

S’il y a un point commun, c’est que dans chaque cas, ce sont les compagnies, du secteur extractif principalement, qui en bénéficieront, alors que les contribuables et les écosystèmes du Québec auront à payer le prix.

Voir aussi l’article d’Hélène Baril dans la Presse: Les alumineries lorgnent les surplus d’électricité d’Hydro (24 novembre 2010)

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