Publié par : rosemary | 29 Sep 2009

DES RIVIÈRES POUR TOUS LES ÂGES

Rick Peyser, coureur de Vermont, entre l'orée de Gatineau

Rick Peyser, coureur du Vermont, entre dans la périphérie de Gatineau

L’une des choses intéressantes dans l’organisation d’un marathon est que l’on a l’opportunité de rencontrer et d’interagir avec un kaléidoscope de coureurs motivés, courageux et souvent inspirants alors qu’ils sont mis au défi; qu’ils font tout leur possible pour atteindre cet objectif lointain qui, périodiquement, semble impossible. Je me suis souvent demandé ce que cela prend pour devenir un activiste. Quelles sont les qualités ou l’histoire propre qui pousseraient une personne à sortir de la foule pour, par exemple, courir 42 kilomètres afin de protéger une rivière que les pessimistes voudraient nous faire croire déjà perdue.

Alors que le marathon « Courons pour nos rivières » progressait au cours de sa troisième semaine, en descendant la vallée d’Ottawa et en approchant des centres urbains de Gatineau et de Montréal, je me suis retrouvé à accorder à cette question de plus en plus d’attention. Parfois, un détail biographique me sautait aux yeux, mais il semble que les coureurs partagent peu de points communs au-delà d’une propension à suivre des carrières originales, et peut-être un certain esprit d’indépendance.

Éventuellement, j’en ai conclu qu’en fin de compte les marathoniens, dans leur diversité, nous représentent tous. Il y a des Autochtones et des non-Autochtones, des hommes et des femmes, des jeunes, des personnes plus âgées, des citadins et des personnes vivant à la campagne. Peu importe où l’on se trouve, ce que l’on fait, nous avons tous quelque chose à gagner en vivant dans ou proche d’une province qui est fière de posséder encore des rivières sauvages.

Rick Peyser, un Vermontois de 59 ans qui est jusqu’à présent notre coureur le plus âgé, a bien traduit cette pensée. « Il y a tellement peu d’endroits comme celui-ci qui restent sur la planète », m’a-t-il dit lorsque je lui ai demandé pourquoi il avait décidé de se battre pour la Romaine. Travailleur chevronné et gestionnaire de projets pour des firmes de café équitable, Rick est à la bonne place pour faire cette observation.

L’État natal de Rick Peyser est, disons-le, un important importateur d’hydroélectricité québécoise. Grâce à ses citoyens, le Vermont a adopté il y a quelques années un programme d’efficacité énergétique qui a eu pour conséquence une diminution de 5 % de la consommation électrique de l’État entre 2000 et 2009. Les groupes de vigilance énergétiques tels que Fondation Rivières étudient actuellement les moyens d’importer l’expérience du Vermont ici au Québec. En réduisant la consommation domestique d’électricité du Québec de 5 %, cela nous permettrait de libérer autant de puissance que celle qu’il est envisagé de produire avec la Romaine à un coût moindre que les 8 millions de dollars qu’Hydro-Québec projette pour le projet de la Romaine. En continuant à promouvoir les liens, et en partageant de l’information avec les activistes du Vermont tels que Rick, l’Alliance Romaine pourrait aller loin.

Arrivant en second dans la catégorie « âge » après Rick, mais en ayant lui aussi décroché quelques lauriers, David Tacium, un professeur de langues et un animateur de radio communautaire de 53 ans, de Montréal, a en effet réussi notre meilleur temps jusqu’ à présent en finissant les 42 kilomètres dans un temps record de trois heures et 29 minutes et demie. L’habileté de David de procéder à une analyse claire des problèmes en plus de sa détermination brute lui ont permis de continuer. « Cela est dur, mais nous le faisons parce que cela vaut la peine » m’a-t-il dit. Le printemps dernier, lorsque j’ai montré à David le diaporama en ligne de l’expédition de 2008 de la descente de la rivière Romaine en canoë, je pouvais voir ses yeux fixés sur l’écran et j’ai tout de suite su que son admiration pour l’une des plus belles rivières du Québec lui permettrait de passer au travers de la rigueur de l’entraînement et ferait de lui un allié important.

Lors de notre approche finale vers Montréal, le message de l’Alliance Romaine a été porté par Anita Roussiouk, une jeune athlète de 16 ans qui a eu le désavantage de courir sous la pluie, mais qui a continué à s’exprimer et est restée joyeuse, en courant la distance d’un demi marathon (21,1 kilomètres) entre St-Eustache et Laval en approximativement deux heures et demie.

Anita Roussiouk, prête à courir!

Anita Roussiouk, prête à courir!

Anita était la 18e marathonienne à porter le message au cours d’un relais ininterrompu ayant débuté à Matagami, proche de l’autoroute de la Baie James, où le trappeur Cree Freddy Joly nous a confié son message. En tout, l’Alliance Romaine compte sur à peu près 35 coureurs pour compléter notre trekk à travers la province, en diffusant une leçon importante : que l’hydro-électricité n’est pas verte et que les rivières sauvages du Québec, bien que de plus en plus rares, peuvent nous fournir des avantages durables, que nous soyons des pagayeurs, des pêcheurs commerciaux, des chasseurs des Premières Nations, des amoureux de la nature, des biologistes ou tout simplement des citoyens engagés.

Restez à l’écoute pour d’autres histoires et aventures!

Chris, avec l’équipe de route de l’Alliance Romaine

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