Publié par : rosemary | 23 Sep 2009

QUAND PEUT-ON DIRE QU’UN PARC N’EST PLUS VRAIMENT UN PARC ?

Coureuse Giroflée Arsenault suivie par Geneviève Huchette sur vélo, traversant le Parc de la Vérendrye

Coureuse Giroflée Arsenault suivie par Geneviève Huchette sur vélo, traversant le Parc de la Vérendrye

(Le 21 septembre) Alors que le marathon « Courrons pour nos rivières » entamait sa deuxième semaine, nous nous sommes retrouvés dans le Parc de La Vérendrye, suivant l’appel des oies sauvages en migration alors que nous nous dirigions vers le sud. Il ne fait pas de doute que de courir le long de lacs éblouissants, de rivières sombres, et d’escarpements boisés montant vers le ciel est une expérience inspirante, mais derrière le rideau de cette beauté sauvage, nous pouvions ressentir que quelque chose clochait.

En avançant à un pas de coureur plutôt qu’à la vitesse d’un conducteur, nous sommes plus aptes à noter la profusion de panneaux de signalisation annonçant les terrains de chasse, la coupe de bois et, même, des réservoirs hydroélectriques au plus dense de ce qui officiellement est la Réserve Faunique de La Vérendrye. Des zones de coupe à blanc, à la fois anciennes et récentes, sont visibles de temps à autre depuis la route.

Sur le site web, et pour les touristes occasionnels, La Vérendrye est connue comme un parc; et les cartes routières contribuent au maintien de l’illusion en colorant La Vérendrye et les zones similaires au travers de la province en vert foncé.

Les Montréalais qui sortent pour un week-end pourraient être conduits à se demander  » De quoi ces environnementalistes se plaignent-ils ? Le Québec a de nombreuses zones protégées « . Cependant, sur approximativement 18 catégories de zones  » protégées  » qui existent dans la province, seulement un nombre limité représentant une fraction du total de la surface des  » zones protégées  » interdit réellement les activités industrielles tels que la coupe à blanc ou la construction de barrages, activités qui menacent la santé à long terme des écosystèmes. Maintenir une perception  » d’espaces verts  » permet d’assoupir la vigilance des citoyens et d’éviter le genre de débats politiques ardus qui pourraient forcer un gouvernement à changer ses priorités.

Tout comme les  » faiseurs d’opinion  » ayant répété inlassablement que les zones de coupe à blanc et les autres zones dégradées étaient  » vertes « , les représentants d’Hydro-Québec et du gouvernement Charest ont bombardé de communiqués et autres activités de relations publiques les États-Unis, l’Ontario et le Québec en proclamant haut et fort à qui veut les entendre que l’hydroélectricité constitue de l’énergie  » verte  » et  » propre « .

Il serait utile que ces représentants ralentissent un instant afin de définir ce qu’ils veulent réellement dire quand ils disent que l’hydroélectricité est  » verte « . Veulent-ils dire qu’elle n’est pas émettrice de gaz à effet de serre ? Cela serait manifestement faux, puisque les réservoirs hydroélectriques produisent de large quantité de méthane résultant de la décomposition de la végétation immergée. Ou ont-ils l’intention de dire que les réservoirs n’engendrent pas de conséquences dommageables sur la biodiversité ? De nouveau, ils auraient tort puisque les barrages altèrent le flux descendant le courant de l’oxygène et des nutriments, résultant en un appauvrissement de l’environnement aquatique et causant des dommages à la chaîne alimentaire dans son entier jusqu’à, et incluant, les pêcheries commerciales du Saint-Laurent et les autres larges plans d’eau.

M. Charest pourrait réussir à endormir les québécois pendant un certain temps; mais en bout de ligne cependant, la rétorique ne peut être un substitut à la science dure. Si néanmoins notre gouvernement persiste dans sa lancée en construisant le barrage de la Romaine, puis peut-être sur la Petite Mékatina et d’autres rivières, notre province fera éventuellement face à un dur réveil qui viendra sous la forme d’écosystème dégradé, d’une qualité de vie réduite et de la perte d’emplois dans la foresterie, l’écotourisme, les pêcheries et d’autres secteurs durables.

Quelle leçon à tirer de la forêt! Mais l’Alliance Romaine est déterminée  à continuer sa course et nous croyons que si un nombre important de citoyens se lèvent et agissent ensemble en parlant d’une seule et même voix, nous pourrons atteindre un momentum politique afin de mettre fin à la politique énergétique aberrante du gouvernement Charest.

Ensemble nous pourrons promouvoir notre propre vision, laquelle se fonde sur une consommation responsable, une diversification des sources d’énergie et une gestion écosystémique.

Ensemble, nous pourrons éviter le pire.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :